Les phénomènes se suivent et ne se ressemblent pas, enfin presque…

Au printemps dernier nous n’arrêtons pas de parler de grande démission, nous en avions fait des tonnes, moi le premier je l’avoue 😉. Et bien cet été un nouveau courant venu lui aussi tout droit des états unis, nous est tombé sur la tête… non je ne parle pas de Tom Cruise et du nouveau Top Gun, je parle de la démission silencieuse.

Donc la démission est à la mode, ça en dit long sur l’ambiance qui nous attend dans les semaines et les mois qui viennent…

 

D’où vient cette démission silencieuse ?

Comme je vous l’ai dis ca nous vient d’outre atlantique évidemment, là bas on nomme ce phénomène “Quiet quitting”, “silent resignation” ou encore “silent surrender”, bon en français on l’a traduit par démission silencieuse.

Tout est parti d’un tik tok, une vidéo de moins de 20 secondes ou un jeune américain explique la philosophie de cette démission silencieuse. Il donne la définition suivante: “Quitting the idea of going above and beyond at work”. Si on fait une traduction littérale ça donne:  Abandonner l’idée d’aller au-delà au travail.

Sur ce réseau social, le hashtag #quietquitting à plus de 75 millions de vues.

 

Qu’est-ce que la démission silencieuse ?

La démission silencieuse concerne essentiellement les jeunes salariés issus de la génération Z et millenials. L’idée est de lever le pied au travail dans le but de préserver avant tout sa santé mentale et son bien-être. Exemple: ne pas accepter des heures supplémentaires, ne pas répondre à ses mails ou au téléphone après ses heures de travail. L’idée n’est pas d’en faire le moins possible mais de faire son travail, pas plus et se limiter aux missions confiées sans faire de zèle.

D’ailleurs dans la vidéo c’est explicite: “your worth is not defined by your productive output”: votre valeur n’est pas définie par votre rendement productif. On est bien loin du travailler plus pour gagner plus 😉.

Quelle est l’origine de cette grande démission ?

On aurait tendance à penser que c’est une forme de démobilisation ou un manque de conscience professionnelle, mais ce phénomène puise ses racines dans les difficultés de la génération Z liées aux crises économiques et sanitaires, à la guerre aux portes de l’Europe, à l’inflation ou encore aux crises écologiques, énergétiques ou bien alimentaires… Le travail n’est pas une priorité en soi. 

D’ailleurs quand vous regardez les différents débats animés sur ce sujets, il y a rapidement des mots tels que fainéants ou encore tire-au-flanc !  Je pense qu’il faut prendre de la hauteur et tenter de comprendre le fond du sujet.

Mais attention ne généralisons pas, je pense que c’est un épiphénomène et qu’il ne touche qu’une partie de ces jeunes.

La démission silencieuse est une conséquence directe de la crise de la Covid-19, des confinements, de la déconnexion intensive au monde professionnel, du télétravail et de la reprise fulgurante de l’économie. Au burn-out, vient s’ajouter aujourd’hui le bore-out.  Il s’agit d’un trouble psychologique qui affecte de plus en plus de salariés qui se traduit par un manque d’épanouissement professionnel…Donc un manque de motivation, d’engagement, …

Selon une étude réalisée par Malakoff Humanis 23 % des salariés de moins de 30 ans évoquent une mauvaise santé mentale contre 16 % dans l’ensemble des salariés.

Un changement profond de paradigme dans le monde du travail

De plus, il faut accepter le fait que nous sommes entrés dans un nouveau monde après cette crise sanitaire, dans lequel, la recherche de sens et l’équilibre vie professionnelle et vie personnelle sont les nouveaux critères de sélection d’un grand nombre de salariés.

Le rapport de force entre l’employeur et le salarié est clairement en faveur du salarié, donc il peut imposer sa vision des choses.

Ceci dit, en France, nous avions plus une culture d’entreprise basée sur les horaires et la présence que sur les résultats, alors faire bouger les lignes à ce niveau peut être intéressant. Car au final, n’est-ce pas les résultats qui comptent ? Certes nous risquons de perdre le côté engagement, ou corporate de certains salariés mais si le travail est fait …Chacun gère son ambition et sa carrière. Il est certain que si on cherche des évolutions, des responsabilités, du management, il est important de manifester son engagement à la société et aux tâches confiées.

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Mais quel est le message de cette démission silencieuse ?

Certains ont tendance à nommer ces jeunes des “tire-au-flanc”, je pense qu’ils se trompent. Il est important d’entendre cette souffrance et de former les cadres dirigeants au management de ces jeunes générations. Ils ne veulent pas en faire le moins possible, ils sont prêts à se donner à fond contre de la reconnaissance et qu’on prenne en considération leurs aspirations sur le plan vie personnelle. Sinon le risque est d’entrer dans un choc générationnel qui peut coûter cher à nos entreprises.

Comment gérer cette nouvelle vision du monde du travail ?

Il est important de comprendre ce phénomène, de le décoder et d’accepter qu’il existe même si on ne partage pas la façon de faire.

Ces jeunes recherchent de la reconnaissance, en termes de salaire évidemment, mais aussi aux yeux de leur hiérarchie. Les dirigeants doivent être accessibles. Ils souhaitent que l’équilibre vie professionnelle et vie personnelle soit un véritable enjeu pour l’entreprise. Ils ont besoin aussi que les managers les écoutent parler de leur quotidien, la différence entre pro et privé est quasi inexistante. 

À ce propos, les jeunes qui travaillent chez OpenSourcing ont aussi besoin d’échanger franchement avec les collègues et même s’ils sont ultra-connectés et aspirent à plus de télétravail, ils ont besoin de cette relation en face à face.

La flexibilité du temps de travail : un atout pour les recruteurs

Nous, les entreprises,  devons continuer nos efforts fournis sur la flexibilité et le travail à distance notamment. Une des premières questions que nous posent les candidats est “y a-t-il du télétravail ?”. Nous devons donc poursuivre notre transformation digitale afin d’être en phase avec ces candidats hyper connectés.

Ces jeunes salariés souhaitent qu’on ait confiance en eux et qu’on les responsabilise dans le but de se motiver pour la société. L’honnêteté et la transparence sont des valeurs fondamentales. C’est d’ailleurs contradictoire avec la démission silencieuse qui peut se traduire au final par une demande de considération et un appel à l’épanouissement. L’enjeu est le recrutement, mais aussi la fidélisation de nos salariés.

 

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Dan Guez
Écrit par : Dan Guez

Pionnier du Digital et Social Sourcing en France, Dan Guez évolue depuis près de 20 ans dans le monde du recrutement digital. Après plusieurs années au service d’Adecco puis Keljob, il devient Sales Manager du groupe AdenClassifieds (Cadremploi, Keljob). En 2008, Dan Guez co-fonde OpenSourcing, le premier cabinet de recrutement parisien exclusivement tournée vers la chasse de candidats sur Internet (open-web , réseaux sociaux, sites emploi, CVthèques, métamoteurs…). En 2014, il décide d’aller encore plus loin dans l’accompagnement de ses clients en faisant développer en interne un ATS 100% sourcing ! Reconnu dans l’écosystème RH français pour son expertise, Dan Guez intervient régulièrement sur des événements portant sur le recrutement digital et les thématiques du sourcing.

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